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Hypertension chez les jeunes à Maurice

Dr Alleesaib Rubina ,Pédiatre à Life Medical Clinic Bon Pasteur

L’hypertension artérielle chez les jeunes est aujourd’hui une problématique de santé publique en forte progression à Maurice. En l’espace de vingt ans, sa prévalence a doublé chez les enfants et adolescents, passant d’environ 3 % à plus de 6 %, touchant ainsi une part croissante de la population jeune.

Cette évolution s’explique principalement par la hausse de l’obésité infantile, elle-même fortement liée aux changements de mode de vie. Le manque d’activité physique, la sédentarité accrue et une alimentation trop riche en sel et en produits transformés constituent les principaux facteurs de risque. Le risque d’hypertension est ainsi significativement plus élevé chez les enfants en surpoids, et encore davantage chez ceux présentant une obésité.

Cette tendance devient préoccupante dès l’enfance, car les habitudes de vie s’installent très tôt et influencent durablement la santé cardiovasculaire. Chez les jeunes, l’hypertension est particulièrement insidieuse car elle reste souvent asymptomatique et donc sous-diagnostiquée. C’est pourquoi une surveillance régulière de la tension artérielle est recommandée dès l’âge de 3 ans.

L’hypertension pédiatrique diffère de celle de l’adulte à plusieurs niveaux. Elle est fréquemment secondaire à une pathologie sous-jacente, notamment rénale ou cardiaque, surtout chez les plus jeunes enfants. Son diagnostic repose également sur des courbes de référence tenant compte de l’âge, du sexe et de la taille, contrairement aux seuils fixes utilisés chez l’adulte. Cependant, avec l’augmentation de l’obésité chez les adolescents, une forme dite “essentielle”, similaire à celle observée chez l’adulte, devient de plus en plus fréquente.

Le caractère silencieux de la maladie rend son dépistage difficile. Dans de nombreux cas, aucun signe évident n’alerte les patients ou leurs familles. Chez les nourrissons, elle peut se manifester par des complications cardiaques, tandis que chez les adolescents et les adultes, elle reste le plus souvent sans symptômes apparents.

À long terme, une hypertension non détectée ou non traitée durant l’enfance peut avoir des conséquences graves. Elle tend à persister à l’âge adulte et augmente fortement le risque de maladies cardiovasculaires précoces, de diabète de type 2 et de mortalité prématurée.

Les habitudes de vie modernes à Maurice jouent un rôle central dans cette situation. L’augmentation du temps passé devant les écrans, la diminution de l’activité physique et la consommation accrue d’aliments transformés contribuent directement à la montée des cas d’hypertension chez les jeunes.

Face à ce constat, la prévention repose avant tout sur des mesures simples mais essentielles. Une activité physique régulière, idéalement plusieurs fois par semaine, permet de réduire significativement la tension artérielle. Une alimentation équilibrée, pauvre en sel et riche en fruits et légumes, est également recommandée, tout comme la surveillance du poids et la qualité du sommeil. Dans certains cas, un suivi médical spécialisé est nécessaire, pouvant inclure un traitement médicamenteux adapté à la sévérité de la situation.

La prise en charge précoce de l’hypertension chez les jeunes est donc essentielle pour limiter les complications à long terme. Elle repose sur une combinaison de prévention, de dépistage régulier et d’accompagnement médical, afin de réduire durablement l’impact de cette maladie silencieuse mais potentiellement grave.

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Santé visuelle à Maurice : une hausse des troubles oculaires liée aux écrans et un enjeu majeur de prévention

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Dr James Li Yim,Ophtalmologue  ,Life Medical Clinic Bon Pasteur

À Maurice, la santé visuelle évolue rapidement sous l’effet des transformations des modes de vie, notamment l’usage intensif des écrans. Depuis la période du COVID-19, cette tendance s’est accentuée dans les contextes scolaire, professionnel et de loisirs, entraînant une augmentation des troubles visuels. La progression de la myopie est particulièrement marquée, touchant aussi bien les enfants que les adultes et devenant un enjeu de santé publique.

Chez l’enfant, la prévention repose sur des habitudes simples mais essentielles. L’exposition aux écrans est déconseillée avant l’âge de 5 ans, puis doit rester limitée par la suite. Le temps passé en extérieur joue un rôle protecteur important, avec une recommandation d’au moins deux heures par jour sans écran afin de réduire le risque de myopie. Les activités prolongées en vision de près, comme la lecture ou l’utilisation intensive des écrans, sont également associées à une augmentation de ce risque. Les dispositifs de filtration de la lumière bleue, souvent mis en avant, ne suffisent pas à eux seuls à prévenir les troubles visuels, la réduction globale du temps d’écran restant la mesure la plus efficace.

Les pathologies oculaires les plus fréquemment rencontrées dans la pratique clinique incluent la cataracte, le glaucome et les atteintes rétiniennes. La cataracte concerne principalement les adultes et demeure une cause importante de baisse de vision. Les rétinopathies, en particulier celles liées au diabète, sont également très répandues à Maurice, en lien avec la prévalence élevée de cette maladie. Le glaucome représente un autre enjeu majeur, en raison de son évolution progressive et souvent silencieuse au début, sans symptômes perceptibles pour le patient.

La question du dépistage reste centrale. Bien que la sensibilisation soit présente, le recours aux examens de contrôle réguliers n’est pas encore systématique. De nombreuses maladies oculaires évoluent sans signes d’alerte précoces, ce qui rend leur diagnostic tardif particulièrement problématique. La rétinopathie peut entraîner des complications silencieuses, tandis que le glaucome affecte progressivement le champ visuel sans que le patient ne s’en rende compte. Un suivi régulier est donc essentiel, avec un contrôle annuel recommandé pour les patients diabétiques, et une surveillance du glaucome à partir de 50 ans, ou dès 40 ans en cas de facteurs de risque familiaux.

Les avancées technologiques ont profondément amélioré la prise en charge en ophtalmologie. Les techniques modernes d’imagerie permettent une analyse fine de la rétine et du nerf optique, facilitant un diagnostic plus précoce et plus précis. Les options thérapeutiques se sont également diversifiées, incluant les traitements au laser, les injections intraoculaires et la chirurgie pour les formes avancées de maladies rétiniennes. Pour le glaucome, la prise en charge débute le plus souvent par des collyres, avec recours au laser ou à la chirurgie lorsque cela est nécessaire. Ces innovations permettent aujourd’hui de mieux stabiliser les pathologies, à condition qu’elles soient détectées à temps.

La prise en charge des patients repose également sur une collaboration étroite entre ophtalmologistes et opticiens. Les opticiens jouent un rôle de premier niveau dans le dépistage et l’orientation des patients grâce à des équipements de plus en plus performants et à la formation des professionnels de la vision. Les ophtalmologistes assurent ensuite le diagnostic, le traitement et le suivi médical, avant de réorienter les patients vers les opticiens pour l’adaptation des corrections visuelles. Cette complémentarité permet un parcours de soins mieux structuré et plus accessible.

Dans un contexte de hausse des troubles visuels, la prévention, le dépistage précoce et la coordination entre professionnels de santé apparaissent essentiels pour préserver durablement la santé oculaire de la population.

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Endométriose : comprendre, diagnostiquer et mieux vivre avec

Dr Nad Poullé, Gynécologue-obstétricien ,Life Medical Clinics

L’endométriose est une maladie chronique encore insuffisamment comprise, qui touche de nombreuses femmes à travers le monde. Elle se caractérise par la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de l’utérus, entraînant douleurs et complications parfois importantes. Sa classification repose sur le système révisé de l’American Society for Reproductive Medicine (rASRM), qui distingue quatre stades selon la localisation, la profondeur et l’étendue des lésions observées lors d’une exploration chirurgicale, le plus souvent par laparoscopie. Le stade I correspond à une forme minimale avec de petites lésions superficielles, tandis que le stade IV désigne une forme sévère marquée par des lésions profondes, des kystes ovariens volumineux et des adhérences importantes pouvant fixer les organes entre eux.

Malgré sa fréquence, l’endométriose reste encore trop souvent sous-diagnostiquée ou diagnostiquée tardivement. Cette situation s’explique notamment par la diversité des symptômes, qui peuvent être confondus avec ceux d’autres pathologies touchant la vessie ou le système digestif. Les lésions étant parfois situées dans des zones difficiles à visualiser, les manifestations cliniques varient considérablement d’une patiente à l’autre. De nombreuses femmes traversent ainsi un long parcours médical avant d’obtenir un diagnostic, certaines se voyant encore dire que leurs douleurs relèvent de simples menstruations normales.

Les symptômes les plus fréquents incluent des douleurs pelviennes chroniques évoluant depuis plusieurs mois, des règles particulièrement douloureuses impactant la qualité de vie, ainsi que des douleurs lors ou après les rapports sexuels. Des troubles digestifs ou urinaires cycliques peuvent également apparaître, notamment des douleurs à la défécation, la présence de sang dans les selles ou les urines, ou encore des douleurs à la miction. L’infertilité peut également être associée à ces symptômes. Le risque est accru en cas d’antécédents familiaux d’endométriose.

Le diagnostic repose sur une évaluation clinique comprenant un examen abdominal et pelvien, lorsque celui-ci est possible. Cet examen peut révéler des zones douloureuses, des masses ou une diminution de la mobilité des organes. L’imagerie médicale joue un rôle complémentaire essentiel, notamment grâce à l’échographie et à l’IRM pelvienne, qui permettent de détecter certaines anomalies structurelles. Toutefois, ces examens peuvent parfois être insuffisants ou donner des résultats équivoques, nécessitant des investigations supplémentaires pour confirmer le diagnostic.

La prise en charge de l’endométriose doit être individualisée et adaptée aux besoins spécifiques de chaque patiente. Elle vise à soulager les symptômes, à limiter la progression de la maladie et à préserver la fertilité lorsque cela est souhaité. Les traitements incluent des antalgiques, en particulier les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ainsi que des thérapies hormonales telles que la pilule contraceptive, les implants, les dispositifs intra-utérins hormonaux ou encore des traitements agissant sur la production hormonale ovarienne. Dans certains cas, notamment en présence de kystes ovariens, de lésions profondes ou en l’absence de désir de grossesse, une intervention chirurgicale peut être envisagée.

La chirurgie est recommandée lorsque les symptômes sont sévères ou résistants aux traitements médicaux, ou encore en cas de lésions importantes. Elle peut améliorer significativement la qualité de vie et, dans certains cas, les chances de grossesse. Cependant, elle comporte également des risques et nécessite parfois une approche multidisciplinaire, notamment lorsque plusieurs organes sont atteints.

L’impact de l’endométriose sur la fertilité est variable, mais la maladie peut entraîner une hypofertilité même à un stade précoce. Les formes avancées peuvent provoquer des adhérences ou des kystes ovariens affectant la fonction reproductive. Dans ces situations, la chirurgie peut améliorer les chances de conception naturelle, tandis que le recours à l’assistance médicale à la procréation peut être nécessaire.

Au-delà des aspects médicaux, la prise en charge de l’endométriose doit intégrer les dimensions psychologiques et sociales. La maladie peut affecter profondément la qualité de vie, les relations personnelles et la vie professionnelle. Une approche globale et multidisciplinaire est essentielle, impliquant différents spécialistes tels que gynécologues, experts de la douleur, psychologues et spécialistes de la fertilité, afin d’assurer un accompagnement complet et adapté.

Les avancées récentes offrent des perspectives encourageantes. L’amélioration des techniques d’imagerie permet un diagnostic plus précoce, tandis que l’intelligence artificielle et la réalité augmentée contribuent à une meilleure cartographie des lésions, notamment en chirurgie. De nouveaux traitements combinant des modulateurs hormonaux et des thérapies de substitution permettent une prise en charge prolongée, en dehors des projets de grossesse. Par ailleurs, la mobilisation d’organisations internationales contribue à une meilleure sensibilisation et à un soutien accru des patientes.

À mesure que la reconnaissance de l’endométriose progresse, les espoirs se renforcent quant à une amélioration du diagnostic, des traitements et de la qualité de vie des femmes concernées par cette maladie chronique souvent invalidante.

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