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Prévenir sa santé après 35 ans

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Florent savary , Head of ER, Life Bon Pasteur

Entre 35 et 40 ans, l’organisme entre dans une phase importante où les premiers déséquilibres métaboliques peuvent apparaître, souvent sans symptômes visibles. À ce stade, les habitudes de vie accumulées au fil des années commencent à avoir un impact réel sur la santé : alimentation, stress, sédentarité, consommation d’alcool ou de tabac. Pourtant, le corps continue souvent à compenser, ce qui peut donner une impression trompeuse de bonne santé. C’est précisément à cette période que peuvent s’installer silencieusement certaines maladies chroniques comme l’hypertension, le diabète ou les troubles cardiovasculaires.

Un bilan de santé essentiel, même sans symptômes

À cet âge, un bilan de santé complet repose sur des examens simples mais essentiels. Il inclut généralement un examen clinique (tension artérielle, auscultation cardiaque, indice de masse corporelle), ainsi qu’une prise de sang permettant de vérifier la glycémie, le cholestérol et certains paramètres hépatiques et rénaux. Selon les profils, un électrocardiogramme ou un bilan thyroïdien peut également être recommandé. L’objectif est de détecter précocement des anomalies silencieuses avant l’apparition de complications.

À quelle fréquence se faire suivre ?

La régularité du suivi dépend du profil de chacun. En l’absence de facteur de risque particulier, un bilan tous les trois ans peut suffire. En revanche, en cas d’antécédents familiaux, de surpoids, de prédiabète ou de mode de vie à risque, un suivi annuel est préférable. La prévention repose avant tout sur la continuité, car un suivi régulier permet d’identifier rapidement toute évolution défavorable.

Des différences selon le sexe et les antécédents

Le suivi médical peut varier entre les hommes et les femmes. Chez ces dernières, un suivi gynécologique régulier est essentiel, notamment avec le dépistage du cancer du col de l’utérus et une attention particulière portée à certains troubles hormonaux. Chez les hommes, les risques cardiovasculaires apparaissent souvent plus tôt, ce qui nécessite une surveillance renforcée des paramètres métaboliques comme la tension et le cholestérol. Dans tous les cas, les antécédents familiaux jouent un rôle déterminant dans l’adaptation du suivi.

Les principaux facteurs de risque à surveiller

Hypertension, diabète de type 2, excès de cholestérol et surpoids figurent parmi les principaux risques à cet âge. À Maurice, ces pathologies sont particulièrement fréquentes et représentent un enjeu majeur de santé publique. Le tabac, l’alcool, la sédentarité et le stress chronique viennent aggraver ce risque, surtout lorsqu’ils sont associés. Cette combinaison, connue sous le nom de syndrome métabolique, augmente fortement le risque de maladies cardiovasculaires.

Mode de vie et prévention : un équilibre nécessaire

Adopter un mode de vie sain est indispensable, mais cela ne remplace pas un suivi médical. Certaines anomalies, comme un cholestérol élevé d’origine génétique ou une hypertension silencieuse, peuvent exister sans aucun symptôme. Le bilan de santé reste donc essentiel pour compléter la prévention et détecter ce que le mode de vie seul ne permet pas de voir.

Le rôle clé du dépistage précoce

Le dépistage précoce permet d’agir avant l’apparition des complications. Identifier une hypertension, un prédiabète ou un déséquilibre lipidique permet de mettre en place des mesures simples, hygiéno-diététiques ou médicales, afin de limiter les risques à long terme. La prévention cardiovasculaire repose largement sur cette détection anticipée.

Une santé qui inclut aussi le bien-être mental

À 35–40 ans, la santé mentale doit également être prise en compte. Le stress lié aux responsabilités professionnelles et familiales peut avoir un impact important sur le sommeil, l’anxiété et même le risque cardiovasculaire. Une approche globale de la santé inclut donc aussi le bien-être psychologique et la qualité de vie.

Les freins au suivi régulier

Malgré son importance, le bilan de santé reste souvent négligé. Le sentiment de bonne santé, le manque de temps ou encore la peur de découvrir une maladie expliquent en partie ce retard de prévention. Pourtant, un diagnostic précoce permet toujours une prise en charge plus simple, plus efficace et moins lourde à long terme.

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Sage-femme : un métier de cœur au service des mamans et des nouveau-nés

Rozie Alcide - Superviseur de la maternité

Rozie Alcide , Superviseur maternité, Life Bon Pasteur

Présentes à chaque étape de la maternité, les sages-femmes jouent un rôle essentiel dans la vie des futures mamans et de leurs familles. Bien plus qu’un simple suivi médical, leur accompagnement repose sur l’écoute, la bienveillance et le soutien humain, avant, pendant et après la naissance.

Tout au long de la grossesse, la sage-femme guide la future maman dans cette grande étape de vie en veillant à son bien-être ainsi qu’à celui du bébé. Elle accompagne, rassure et aide les parents à vivre cette expérience avec davantage de confiance et de sérénité. Le suivi médical, les conseils sur la nutrition, les bonnes pratiques ou encore les cours prénataux permettent aux futurs parents de mieux comprendre les différentes étapes de la grossesse et de se préparer plus sereinement à l’arrivée de leur enfant.

Au-delà des soins, le métier repose avant tout sur une relation humaine forte. Les sages-femmes créent un climat de confiance dans lequel les femmes peuvent s’exprimer librement, poser leurs questions et partager leurs inquiétudes sans jugement. Cet accompagnement émotionnel et psychologique est précieux, notamment pour les mamans qui vivent leur première grossesse.

Malgré l’importance de leur rôle, les sages-femmes font aujourd’hui face à un manque de personnel. Pourtant, il s’agit d’un métier profondément humain, porté par la passion, l’engagement et la vocation. Accueillir la vie chaque jour reste pour beaucoup d’entre elles un véritable privilège.

Leur vigilance et leur expertise contribuent également à protéger la santé des mères et des nouveau-nés. Grâce à un suivi attentif, elles peuvent détecter rapidement certaines situations à risque, assurer un accompagnement adapté et intervenir efficacement lorsque cela est nécessaire. L’évolution des formations et l’arrivée d’équipements modernes, comme le monitoring fœtal, permettent aujourd’hui un suivi encore plus précis et sécurisant pour la maman et le bébé.

Les sages-femmes jouent aussi un rôle essentiel après l’accouchement. Elles accompagnent les jeunes mamans dans les premiers soins du bébé, l’allaitement et les gestes du quotidien, tout en les aidant à prendre confiance dans leur nouveau rôle de mère. Chaque accompagnement est personnalisé afin que les parents puissent vivre cette nouvelle aventure avec plus de calme et d’assurance.

La place du père occupe également une importance grandissante dans cet accompagnement. Dès la grossesse, il est encouragé à participer activement aux consultations et aux cours prénataux afin de créer un lien fort avec le bébé et de soutenir la future maman. Sa présence lors de l’accouchement et dans les premiers moments de vie du nouveau-né contribue à créer un environnement rassurant et bienveillant pour toute la famille.

Aujourd’hui plus que jamais, les sages-femmes restent des professionnelles indispensables, alliant expertise médicale, écoute et humanité pour accompagner les familles dans l’un des moments les plus précieux de leur vie.

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Seniors : une prise en charge médicale de plus en plus personnalisée

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Camille Navarro Manager HAH, Life Hospital at Home

Avec le vieillissement de la population mauricienne et l’augmentation des maladies chroniques, les établissements de santé adaptent progressivement leurs services afin de mieux répondre aux besoins spécifiques des seniors. Aujourd’hui, la prise en charge des personnes âgées repose sur une approche plus globale, humaine et personnalisée, visant à assurer à la fois la qualité des soins et le maintien de l’autonomie.

Les parcours de soins proposés aux seniors couvrent l’ensemble du suivi médical, depuis le dépistage et les consultations jusqu’aux examens, traitements, interventions chirurgicales et accompagnements post-opératoires. Cette approche tient compte des réalités liées au vieillissement, notamment la fragilité, la polymédication et les risques de perte d’autonomie.

Concrètement, cela se traduit par des bilans réguliers, un ajustement des traitements en fonction de l’évolution de l’état de santé du patient ainsi qu’un suivi rapproché après une hospitalisation. Lorsque cela est possible, les techniques de chirurgie mini-invasive sont privilégiées afin de réduire les complications post-opératoires et de favoriser une récupération plus rapide.

Au-delà des soins médicaux, l’accompagnement est centré sur la personne dans sa globalité. Les équipes prennent également en considération l’environnement du patient, ses habitudes de vie et ses besoins quotidiens afin d’assurer un suivi mieux adapté.

Pour garantir une prise en charge complète, les seniors ont accès à de nombreuses spécialités médicales et paramédicales. Les cliniques proposent notamment des services en médecine générale, gériatrie, cardiologie, endocrinologie, pneumologie, gastro-entérologie, oncologie, neurologie, orthopédie ou encore en imagerie médicale et radiologie. Cette diversité permet un suivi coordonné des patients présentant plusieurs pathologies chroniques.

Les équipes paramédicales jouent également un rôle essentiel dans le parcours de soins. La physiothérapie accompagne les patients dans leur rééducation et le maintien de leur mobilité, tandis que l’orthophonie intervient notamment pour les troubles du langage ou de la déglutition. Un accompagnement psychologique peut également être proposé afin de soutenir le bien-être émotionnel des patients.

Les services d’urgence assurent par ailleurs une prise en charge rapide en cas de besoin, avec des dispositifs d’ambulances permettant une intervention efficace.

L’accompagnement des seniors passe aussi par des infrastructures adaptées. Les établissements sont pensés pour être accessibles, sécurisés et confortables, notamment pour les personnes à mobilité réduite. Le suivi infirmier rapproché, la coordination avec les proches et l’attention portée au confort du patient contribuent également à améliorer l’expérience de soins.

Parmi les solutions mises en place, l’hospitalisation à domicile prend une place de plus en plus importante. Cette alternative permet aux patients de recevoir certains soins dans un environnement familier et rassurant. Elle comprend notamment des soins infirmiers, des prises de sang, des perfusions, des soins d’hygiène ainsi que le suivi des maladies chroniques ou post-opératoires grâce à des visites régulières des équipes médicales.

Cette approche permet de limiter les déplacements inutiles, de prévenir certaines hospitalisations et de faciliter le retour à domicile après un séjour en clinique ou à l’hôpital. Elle favorise également le maintien de l’autonomie et contribue souvent à un meilleur rétablissement dans un cadre familial.

Enfin, la coordination entre les différents professionnels de santé constitue un élément clé de cette prise en charge. La collaboration entre les équipes médicales et paramédicales permet d’assurer une continuité des soins à chaque étape du parcours du patient. Chaque senior bénéficie ainsi d’un plan de soins personnalisé et évolutif, adapté à ses besoins et à son état de santé.

Dans un contexte où les besoins liés au vieillissement de la population sont en constante évolution, cette approche globale et multidisciplinaire apparaît aujourd’hui comme essentielle pour garantir la qualité de vie et le bien-être des personnes âgées.

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Lecture et langage chez l’enfant

Nathalie Delaisse ,Orthophoniste à Life Medical Clinic 

La baisse des habitudes de lecture chez les enfants mauriciens est aujourd’hui une réalité observée aussi bien chez les jeunes enfants que chez les adolescents. Cette diminution de l’exposition aux livres n’est pas sans conséquence, notamment sur le développement du langage, les apprentissages scolaires et les compétences sociales.

La lecture joue un rôle fondamental dans l’acquisition du langage. Lorsqu’un enfant lit régulièrement, ou lorsqu’on lui raconte des histoires, il est exposé à un vocabulaire beaucoup plus riche et varié que celui utilisé dans les conversations quotidiennes. Cette exposition permet non seulement d’enrichir son lexique, mais aussi d’améliorer sa compréhension. Lire aide l’enfant à faire des liens, à anticiper les situations et à développer des compétences essentielles pour comprendre des histoires, suivre une conversation ou interpréter des consignes.

Il existe ainsi un véritable cercle vertueux autour de la lecture. Plus un enfant lit, plus ses compétences langagières progressent, ce qui rend ensuite la lecture plus facile et plus agréable. À l’inverse, un enfant peu exposé aux livres peut rapidement entrer dans un cercle défavorable : le manque de pratique ralentit ses progrès, ce qui réduit sa motivation à lire.

Cette faible exposition à la lecture influence également l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Les histoires, comptines et jeux de langage permettent aux enfants de se familiariser avec les sons, les rimes et les structures de la langue. Sans cette base, l’enfant peut éprouver davantage de difficultés à associer les lettres aux sons, ce qui ralentit son entrée dans la lecture. Du côté de l’écriture, la lecture régulière aide progressivement à mémoriser l’orthographe des mots, les constructions de phrases et les règles grammaticales. Un enfant peu exposé à l’écrit rencontre souvent plus de difficultés à écrire correctement et à structurer ses idées.

La surexposition aux écrans contribue également à ces difficultés. Le principal problème réside dans le temps consacré aux écrans, qui se fait souvent au détriment d’activités essentielles au développement du langage, comme la lecture, les échanges ou les jeux symboliques. Plus un enfant passe de temps devant une télévision, une tablette ou un smartphone, moins il bénéficie de ces expériences enrichissantes.

Certains signes doivent alerter les parents quant à un éventuel retard de langage lié à un manque de stimulation. Un vocabulaire limité, des difficultés à nommer des objets du quotidien ou l’utilisation fréquente de termes vagues comme « ça » ou « là » peuvent être révélateurs. D’autres signes incluent des phrases très courtes, des erreurs fréquentes dans la construction des phrases ou des difficultés à comprendre des consignes simples, des histoires ou des questions adaptées à l’âge de l’enfant. Toutefois, ces manifestations ne signifient pas automatiquement qu’il existe un trouble du langage. Une évaluation auprès d’un orthophoniste peut permettre de mieux comprendre la situation.

À long terme, les conséquences peuvent être importantes, tant sur le plan scolaire que social. La lecture étant au cœur de tous les apprentissages, des difficultés persistantes peuvent entraîner un retard scolaire global. Comprendre un problème de mathématiques, apprendre une leçon ou suivre une consigne écrite devient alors plus difficile. Ces difficultés répétées peuvent aussi affecter l’estime de soi de l’enfant et provoquer un sentiment d’échec ou un mal-être social.

Face à cette situation, plusieurs stratégies simples peuvent être mises en place par les parents afin d’encourager la lecture dès le plus jeune âge. Il est d’abord essentiel de créer un environnement favorable, avec des livres accessibles et adaptés à l’âge de l’enfant, à la maison comme dans la voiture ou d’autres espaces du quotidien. Instaurer un rituel de lecture quotidien, même de quelques minutes, permet également d’ancrer cette habitude de manière positive et sans pression.

Il est aussi important de laisser l’enfant choisir des livres qui correspondent à ses centres d’intérêt afin de développer le plaisir de lire plutôt qu’une logique de performance. Enfin, l’exemple donné par les parents reste déterminant : un enfant qui voit les adultes lire sera naturellement davantage porté à s’intéresser aux livres.

Encourager la lecture dès le plus jeune âge constitue donc un investissement essentiel pour le développement du langage, la réussite scolaire et l’épanouissement personnel de l’enfant.

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Hypertension chez les jeunes à Maurice

Dr Alleesaib Rubina ,Pédiatre à Life Medical Clinic Bon Pasteur

L’hypertension artérielle chez les jeunes est aujourd’hui une problématique de santé publique en forte progression à Maurice. En l’espace de vingt ans, sa prévalence a doublé chez les enfants et adolescents, passant d’environ 3 % à plus de 6 %, touchant ainsi une part croissante de la population jeune.

Cette évolution s’explique principalement par la hausse de l’obésité infantile, elle-même fortement liée aux changements de mode de vie. Le manque d’activité physique, la sédentarité accrue et une alimentation trop riche en sel et en produits transformés constituent les principaux facteurs de risque. Le risque d’hypertension est ainsi significativement plus élevé chez les enfants en surpoids, et encore davantage chez ceux présentant une obésité.

Cette tendance devient préoccupante dès l’enfance, car les habitudes de vie s’installent très tôt et influencent durablement la santé cardiovasculaire. Chez les jeunes, l’hypertension est particulièrement insidieuse car elle reste souvent asymptomatique et donc sous-diagnostiquée. C’est pourquoi une surveillance régulière de la tension artérielle est recommandée dès l’âge de 3 ans.

L’hypertension pédiatrique diffère de celle de l’adulte à plusieurs niveaux. Elle est fréquemment secondaire à une pathologie sous-jacente, notamment rénale ou cardiaque, surtout chez les plus jeunes enfants. Son diagnostic repose également sur des courbes de référence tenant compte de l’âge, du sexe et de la taille, contrairement aux seuils fixes utilisés chez l’adulte. Cependant, avec l’augmentation de l’obésité chez les adolescents, une forme dite “essentielle”, similaire à celle observée chez l’adulte, devient de plus en plus fréquente.

Le caractère silencieux de la maladie rend son dépistage difficile. Dans de nombreux cas, aucun signe évident n’alerte les patients ou leurs familles. Chez les nourrissons, elle peut se manifester par des complications cardiaques, tandis que chez les adolescents et les adultes, elle reste le plus souvent sans symptômes apparents.

À long terme, une hypertension non détectée ou non traitée durant l’enfance peut avoir des conséquences graves. Elle tend à persister à l’âge adulte et augmente fortement le risque de maladies cardiovasculaires précoces, de diabète de type 2 et de mortalité prématurée.

Les habitudes de vie modernes à Maurice jouent un rôle central dans cette situation. L’augmentation du temps passé devant les écrans, la diminution de l’activité physique et la consommation accrue d’aliments transformés contribuent directement à la montée des cas d’hypertension chez les jeunes.

Face à ce constat, la prévention repose avant tout sur des mesures simples mais essentielles. Une activité physique régulière, idéalement plusieurs fois par semaine, permet de réduire significativement la tension artérielle. Une alimentation équilibrée, pauvre en sel et riche en fruits et légumes, est également recommandée, tout comme la surveillance du poids et la qualité du sommeil. Dans certains cas, un suivi médical spécialisé est nécessaire, pouvant inclure un traitement médicamenteux adapté à la sévérité de la situation.

La prise en charge précoce de l’hypertension chez les jeunes est donc essentielle pour limiter les complications à long terme. Elle repose sur une combinaison de prévention, de dépistage régulier et d’accompagnement médical, afin de réduire durablement l’impact de cette maladie silencieuse mais potentiellement grave.

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Santé visuelle à Maurice : une hausse des troubles oculaires liée aux écrans et un enjeu majeur de prévention

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Dr James Li Yim,Ophtalmologue  ,Life Medical Clinic Bon Pasteur

À Maurice, la santé visuelle évolue rapidement sous l’effet des transformations des modes de vie, notamment l’usage intensif des écrans. Depuis la période du COVID-19, cette tendance s’est accentuée dans les contextes scolaire, professionnel et de loisirs, entraînant une augmentation des troubles visuels. La progression de la myopie est particulièrement marquée, touchant aussi bien les enfants que les adultes et devenant un enjeu de santé publique.

Chez l’enfant, la prévention repose sur des habitudes simples mais essentielles. L’exposition aux écrans est déconseillée avant l’âge de 5 ans, puis doit rester limitée par la suite. Le temps passé en extérieur joue un rôle protecteur important, avec une recommandation d’au moins deux heures par jour sans écran afin de réduire le risque de myopie. Les activités prolongées en vision de près, comme la lecture ou l’utilisation intensive des écrans, sont également associées à une augmentation de ce risque. Les dispositifs de filtration de la lumière bleue, souvent mis en avant, ne suffisent pas à eux seuls à prévenir les troubles visuels, la réduction globale du temps d’écran restant la mesure la plus efficace.

Les pathologies oculaires les plus fréquemment rencontrées dans la pratique clinique incluent la cataracte, le glaucome et les atteintes rétiniennes. La cataracte concerne principalement les adultes et demeure une cause importante de baisse de vision. Les rétinopathies, en particulier celles liées au diabète, sont également très répandues à Maurice, en lien avec la prévalence élevée de cette maladie. Le glaucome représente un autre enjeu majeur, en raison de son évolution progressive et souvent silencieuse au début, sans symptômes perceptibles pour le patient.

La question du dépistage reste centrale. Bien que la sensibilisation soit présente, le recours aux examens de contrôle réguliers n’est pas encore systématique. De nombreuses maladies oculaires évoluent sans signes d’alerte précoces, ce qui rend leur diagnostic tardif particulièrement problématique. La rétinopathie peut entraîner des complications silencieuses, tandis que le glaucome affecte progressivement le champ visuel sans que le patient ne s’en rende compte. Un suivi régulier est donc essentiel, avec un contrôle annuel recommandé pour les patients diabétiques, et une surveillance du glaucome à partir de 50 ans, ou dès 40 ans en cas de facteurs de risque familiaux.

Les avancées technologiques ont profondément amélioré la prise en charge en ophtalmologie. Les techniques modernes d’imagerie permettent une analyse fine de la rétine et du nerf optique, facilitant un diagnostic plus précoce et plus précis. Les options thérapeutiques se sont également diversifiées, incluant les traitements au laser, les injections intraoculaires et la chirurgie pour les formes avancées de maladies rétiniennes. Pour le glaucome, la prise en charge débute le plus souvent par des collyres, avec recours au laser ou à la chirurgie lorsque cela est nécessaire. Ces innovations permettent aujourd’hui de mieux stabiliser les pathologies, à condition qu’elles soient détectées à temps.

La prise en charge des patients repose également sur une collaboration étroite entre ophtalmologistes et opticiens. Les opticiens jouent un rôle de premier niveau dans le dépistage et l’orientation des patients grâce à des équipements de plus en plus performants et à la formation des professionnels de la vision. Les ophtalmologistes assurent ensuite le diagnostic, le traitement et le suivi médical, avant de réorienter les patients vers les opticiens pour l’adaptation des corrections visuelles. Cette complémentarité permet un parcours de soins mieux structuré et plus accessible.

Dans un contexte de hausse des troubles visuels, la prévention, le dépistage précoce et la coordination entre professionnels de santé apparaissent essentiels pour préserver durablement la santé oculaire de la population.

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Endométriose : comprendre, diagnostiquer et mieux vivre avec

Dr Nad Poullé, Gynécologue-obstétricien ,Life Medical Clinics

L’endométriose est une maladie chronique encore insuffisamment comprise, qui touche de nombreuses femmes à travers le monde. Elle se caractérise par la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de l’utérus, entraînant douleurs et complications parfois importantes. Sa classification repose sur le système révisé de l’American Society for Reproductive Medicine (rASRM), qui distingue quatre stades selon la localisation, la profondeur et l’étendue des lésions observées lors d’une exploration chirurgicale, le plus souvent par laparoscopie. Le stade I correspond à une forme minimale avec de petites lésions superficielles, tandis que le stade IV désigne une forme sévère marquée par des lésions profondes, des kystes ovariens volumineux et des adhérences importantes pouvant fixer les organes entre eux.

Malgré sa fréquence, l’endométriose reste encore trop souvent sous-diagnostiquée ou diagnostiquée tardivement. Cette situation s’explique notamment par la diversité des symptômes, qui peuvent être confondus avec ceux d’autres pathologies touchant la vessie ou le système digestif. Les lésions étant parfois situées dans des zones difficiles à visualiser, les manifestations cliniques varient considérablement d’une patiente à l’autre. De nombreuses femmes traversent ainsi un long parcours médical avant d’obtenir un diagnostic, certaines se voyant encore dire que leurs douleurs relèvent de simples menstruations normales.

Les symptômes les plus fréquents incluent des douleurs pelviennes chroniques évoluant depuis plusieurs mois, des règles particulièrement douloureuses impactant la qualité de vie, ainsi que des douleurs lors ou après les rapports sexuels. Des troubles digestifs ou urinaires cycliques peuvent également apparaître, notamment des douleurs à la défécation, la présence de sang dans les selles ou les urines, ou encore des douleurs à la miction. L’infertilité peut également être associée à ces symptômes. Le risque est accru en cas d’antécédents familiaux d’endométriose.

Le diagnostic repose sur une évaluation clinique comprenant un examen abdominal et pelvien, lorsque celui-ci est possible. Cet examen peut révéler des zones douloureuses, des masses ou une diminution de la mobilité des organes. L’imagerie médicale joue un rôle complémentaire essentiel, notamment grâce à l’échographie et à l’IRM pelvienne, qui permettent de détecter certaines anomalies structurelles. Toutefois, ces examens peuvent parfois être insuffisants ou donner des résultats équivoques, nécessitant des investigations supplémentaires pour confirmer le diagnostic.

La prise en charge de l’endométriose doit être individualisée et adaptée aux besoins spécifiques de chaque patiente. Elle vise à soulager les symptômes, à limiter la progression de la maladie et à préserver la fertilité lorsque cela est souhaité. Les traitements incluent des antalgiques, en particulier les anti-inflammatoires non stéroïdiens, ainsi que des thérapies hormonales telles que la pilule contraceptive, les implants, les dispositifs intra-utérins hormonaux ou encore des traitements agissant sur la production hormonale ovarienne. Dans certains cas, notamment en présence de kystes ovariens, de lésions profondes ou en l’absence de désir de grossesse, une intervention chirurgicale peut être envisagée.

La chirurgie est recommandée lorsque les symptômes sont sévères ou résistants aux traitements médicaux, ou encore en cas de lésions importantes. Elle peut améliorer significativement la qualité de vie et, dans certains cas, les chances de grossesse. Cependant, elle comporte également des risques et nécessite parfois une approche multidisciplinaire, notamment lorsque plusieurs organes sont atteints.

L’impact de l’endométriose sur la fertilité est variable, mais la maladie peut entraîner une hypofertilité même à un stade précoce. Les formes avancées peuvent provoquer des adhérences ou des kystes ovariens affectant la fonction reproductive. Dans ces situations, la chirurgie peut améliorer les chances de conception naturelle, tandis que le recours à l’assistance médicale à la procréation peut être nécessaire.

Au-delà des aspects médicaux, la prise en charge de l’endométriose doit intégrer les dimensions psychologiques et sociales. La maladie peut affecter profondément la qualité de vie, les relations personnelles et la vie professionnelle. Une approche globale et multidisciplinaire est essentielle, impliquant différents spécialistes tels que gynécologues, experts de la douleur, psychologues et spécialistes de la fertilité, afin d’assurer un accompagnement complet et adapté.

Les avancées récentes offrent des perspectives encourageantes. L’amélioration des techniques d’imagerie permet un diagnostic plus précoce, tandis que l’intelligence artificielle et la réalité augmentée contribuent à une meilleure cartographie des lésions, notamment en chirurgie. De nouveaux traitements combinant des modulateurs hormonaux et des thérapies de substitution permettent une prise en charge prolongée, en dehors des projets de grossesse. Par ailleurs, la mobilisation d’organisations internationales contribue à une meilleure sensibilisation et à un soutien accru des patientes.

À mesure que la reconnaissance de l’endométriose progresse, les espoirs se renforcent quant à une amélioration du diagnostic, des traitements et de la qualité de vie des femmes concernées par cette maladie chronique souvent invalidante.

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Prendre soin de ses reins : un enjeu de santé silencieux mais vital

Dr Ougrashan Bheekharry - Néphrologue

Dr Ougrashan Bheekharry,Néphrologue  ,Life Forbach & Tamarin Medical Clinics

Les maladies rénales sont souvent qualifiées de « silencieuses » car elles se développent généralement sans symptômes perceptibles aux premiers stades. Cette absence de signes cliniques rend leur détection difficile sans dépistage ciblé. Contrairement aux douleurs lombaires fréquentes, qui sont souvent d’origine musculaire ou vertébrale, les véritables douleurs rénales peuvent être liées à des calculs ou des infections urinaires, mais elles restent relativement rares.

Les principaux facteurs de risque

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer une insuffisance rénale :

  • Le diabète, responsable de l’atteinte des petits vaisseaux sanguins des reins.

  • L’hypertension artérielle, qui endommage les parois des vaisseaux rénaux et réduit la capacité de filtration du sang.

  • Les maladies vasculaires, les inflammations ou infections des reins (néphrites), ainsi que certaines affections urologiques comme les calculs rénaux ou les troubles de la prostate.

  • Les maladies héréditaires et certains médicaments, notamment les anti-inflammatoires, peuvent également jouer un rôle.

Le diabète, l’hypertension et les maladies rénales forment un véritable « triangle pathologique » : chacun de ces troubles peut aggraver les autres, créant un cercle vicieux qui peut mener à l’insuffisance rénale.

Signes à surveiller

Certains symptômes doivent inciter à consulter rapidement :

  • Fatigue persistante

  • Hypertension artérielle

  • Œdèmes (chevilles, jambes, visage)

  • Urines mousseuses

  • Envies fréquentes d’uriner, surtout la nuit

  • Perte d’appétit ou de poids

  • Nausées ou démangeaisons cutanées

  • Essoufflement, confusion ou troubles de la concentration

  • Crampes musculaires ou anémie

  • Diminution du volume d’urine

Un dépistage simple et efficace

La bonne nouvelle, c’est que le dépistage des maladies rénales est simple et rapide :

  • Analyse d’urine

  • Analyse de sang pour mesurer la créatinine et l’urée

  • Mesure de la tension artérielle

Il est recommandé que tout adulte effectue ce contrôle au moins une fois par an. Les personnes atteintes de diabète ou d’hypertension doivent absolument se soumettre à un suivi régulier.

Prévenir l’insuffisance rénale

De nombreux changements de mode de vie peuvent protéger vos reins :

  • Boire suffisamment d’eau (sauf en cas d’insuffisance rénale avancée ou de problèmes cardiaques)

  • Manger sainement en limitant le sel, le sucre et les aliments transformés

  • Maintenir un poids sain et pratiquer une activité physique régulière

  • Surveiller la tension artérielle et la glycémie

  • Éviter le tabac et l’usage fréquent d’anti-douleurs

  • Faire régulièrement des analyses si vous êtes à risque

Options thérapeutiques en cas d’insuffisance rénale

Lorsque la fonction rénale se dégrade, plusieurs solutions existent :

  • Hémodialyse : purification du sang grâce à un rein artificiel.

  • Dialyse péritonéale : filtration des déchets via le péritoine, la membrane qui tapisse l’abdomen.

  • Transplantation rénale : greffe permettant de restaurer une fonction rénale normale.

Ces traitements deviennent indispensables lorsque la fonction rénale chute à environ 10 % ou moins. Sans dialyse ou greffe, la maladie devient fatale.

Journée mondiale du rein : sensibiliser pour mieux prévenir

Chaque année, le deuxième jeudi de mars, la Journée mondiale du rein met l’accent sur la prévention et la sensibilisation. Le thème 2026, « La santé rénale pour tous : prendre soin des personnes, protéger la planète », rappelle l’importance de préserver à la fois notre santé et celle de notre environnement.

Le message clé : adopter un mode de vie sain, équilibré et actif, et ne pas négliger le dépistage régulier. Avec une prévalence d’une personne sur dix concernée par la maladie rénale, chaque adulte devrait se faire contrôler au moins une fois par an, et plus particulièrement les personnes diabétiques ou hypertendues.

Prendre soin de ses reins, c’est investir dans sa santé sur le long terme. Commencez dès aujourd’hui !

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Cancer à Maurice : comprendre, prévenir et agir ensemble

Dr. Bundhoo

Dr Yashmeeta Bundhoo,Oncologue consultante externe ,Life Forbach/Tamarin/Bon Pasteur Medical Clinics

À Maurice, comme dans de nombreux pays en pleine transition sanitaire, le cancer s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur de santé publique. Chez les femmes, le cancer du sein demeure le plus fréquent, tandis que chez les hommes, les cancers de la prostate, du poumon et colorectal sont les plus couramment diagnostiqués. Chaque année, plusieurs milliers de nouveaux cas sont recensés sur l’île, une réalité qui reflète à la fois le vieillissement progressif de la population et l’amélioration des capacités de dépistage et de diagnostic. Face à cette situation, une responsabilité collective s’impose : celle de transformer les constats en actions concrètes, en renforçant la prévention, le dépistage précoce et l’accès équitable aux traitements modernes.

Le nombre de cancers diagnostiqués augmente progressivement, sous l’effet de facteurs bien identifiés tels que l’allongement de l’espérance de vie, l’évolution des modes de vie, la sédentarité, le tabagisme, la consommation d’aliments ultra-transformés, mais aussi grâce à une meilleure sensibilisation de la population. Cette hausse ne doit cependant pas être perçue uniquement comme une mauvaise nouvelle. Elle témoigne également d’une prise de conscience collective et d’une détection plus précoce de la maladie. Le défi actuel ne consiste plus seulement à traiter le cancer, mais aussi à l’anticiper, à informer la population et à évoluer vers une médecine plus préventive et personnalisée.

Bien que le cancer reste plus fréquent après l’âge de 50 ans, en raison du vieillissement cellulaire, on observe aujourd’hui une augmentation de certains cancers chez des patients plus jeunes, notamment les cancers du sein et colorectal. Cette évolution rappelle que le cancer n’est plus exclusivement une maladie du grand âge. La prévention doit commencer tôt, dès l’âge adulte, non pas pour susciter la peur, mais pour construire une population informée, capable de reconnaître les signaux d’alerte et d’agir rapidement.

Certains symptômes doivent en effet alerter et conduire à une consultation médicale sans tarder, comme une perte de poids inexpliquée, un saignement inhabituel, l’apparition ou l’augmentation d’une masse, une toux persistante, des douleurs inexpliquées ou des changements durables des habitudes digestives ou urinaires. Un symptôme qui persiste n’est jamais anodin. Trop souvent, la peur ou le déni retardent la prise en charge, alors qu’un cancer détecté tôt est généralement mieux traité, avec des traitements moins lourds et de meilleures chances de guérison.

La réduction du risque de cancer repose en grande partie sur des gestes simples mais essentiels : ne pas fumer, limiter la consommation d’alcool, maintenir un poids sain, pratiquer une activité physique régulière, adopter une alimentation riche en fruits, légumes et fibres, et participer aux programmes de dépistage. Toutefois, la prévention ne se limite pas aux comportements individuels. Parler du cancer, briser les tabous et encourager le dialogue font également partie intégrante de la solution. Une société informée protège mieux ses citoyens, et la prévention doit s’inscrire dans une véritable culture nationale.

Parallèlement, le système de santé mauricien a connu des avancées significatives ces dernières années dans la prise en charge du cancer. Le secteur public joue un rôle central, tandis que le secteur privé complète l’offre avec des structures spécialisées en oncologie intégrée. Des centres dédiés proposent désormais des parcours complets incluant radiothérapie, oncologie médicale et suivi multidisciplinaire, grâce à des technologies modernes, permettant aux patients d’accéder à des soins de niveau international sans nécessairement quitter le pays.

Au-delà de l’aspect médical, le cancer demeure une épreuve humaine, familiale et sociale. Il est cependant essentiel de rappeler qu’il n’est plus synonyme de fatalité. Le message adressé aux Mauriciens est clair : écouter son corps, effectuer les dépistages recommandés et ne jamais hésiter à consulter. Les progrès de la médecine et l’évolution des traitements offrent aujourd’hui de réelles perspectives, et aucun patient n’est seul face à la maladie.

Enfin, la lutte contre le cancer nécessite une mobilisation nationale impliquant l’ensemble des acteurs. Il est indispensable de poursuivre les investissements dans la prévention, le dépistage accessible, la formation spécialisée et l’innovation technologique, tout en renforçant la collaboration entre les secteurs public et privé. Soutenir le développement de centres spécialisés, améliorer les parcours de soins et intégrer davantage la médecine personnalisée constituent des priorités pour les années à venir. Le cancer est un défi national qui appelle une réponse coordonnée, ambitieuse et durable.

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Coup de chaleur chez les seniors : vigilance et prévention indispensables

Dr Keshika D. Naran ,Emergency doctor of Life Medical Clinic Tamarin

Chaque été, les vagues de chaleur rappellent une réalité sanitaire préoccupante : le coup de chaleur, ou hyperthermie sévère, reste une urgence médicale majeure chez les personnes âgées. Caractérisé par une température corporelle dangereusement élevée, une peau chaude et rouge, ainsi que des troubles neurologiques tels que confusion et malaise, il peut évoluer très rapidement vers des complications graves, voire mortelles. Ses signes précoces sont souvent discrets ou confondus avec d’autres affections liées à l’âge, rendant la vigilance essentielle.

À domicile, les premiers symptômes peuvent passer inaperçus. Fatigue inhabituelle, faiblesse, maux de tête, vertiges, nausées ou perte d’appétit sont autant de signaux qui doivent alerter. Les changements de comportement — désorientation, irritabilité, agitation ou somnolence excessive — constituent également des signes précurseurs. La peau devient progressivement chaude et parfois rouge, la transpiration peut diminuer et la production d’urines se raréfier. La rapidité d’intervention conditionne fortement le pronostic.

Les seniors sont particulièrement vulnérables à l’hyperthermie sévère. Le vieillissement altère les mécanismes de régulation thermique et réduit la sensation de soif, entraînant souvent une hydratation insuffisante. Le cœur et les reins, fragilisés par des maladies chroniques, tolèrent mal la déshydratation et les variations de température. S’y ajoutent des facteurs sociaux et environnementaux : isolement, mobilité réduite, logements mal adaptés à la chaleur ou troubles cognitifs empêchant de percevoir le danger.

En cas de coup de chaleur, il est crucial d’agir sans attendre. La personne doit être déplacée dans un endroit frais, ses vêtements desserrés ou retirés, et son corps rafraîchi à l’aide de linges humides, d’un ventilateur ou d’une brumisation. Si elle est consciente et capable d’avaler, de petites gorgées d’eau sont recommandées. Les secours doivent être appelés immédiatement, et il ne faut jamais forcer à boire ou donner de l’alcool ou des boissons glacées.

Certaines situations augmentent le risque : prise de médicaments tels que diurétiques, antihypertenseurs ou psychotropes, maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque ou rénale, troubles neurologiques), isolement social ou précarité énergétique. La prévention repose sur des mesures simples mais vitales : boire régulièrement, privilégier une alimentation légère et riche en eau, maintenir le logement frais et bien ventilé, se rafraîchir plusieurs fois par jour, porter des vêtements légers et éviter les sorties aux heures les plus chaudes. Les proches et aidants jouent un rôle essentiel, en surveillant quotidiennement la température, l’hydratation, le comportement et l’alimentation des seniors.

Lorsque l’hyperthermie sévère survient, le traitement d’urgence repose sur un refroidissement rapide et contrôlé, une perfusion intraveineuse pour corriger la déshydratation, une oxygénothérapie et une surveillance étroite des fonctions vitales. Les complications possibles incluent troubles cardiaques, insuffisance rénale aiguë, troubles de la coagulation et atteintes neurologiques, nécessitant parfois une hospitalisation en soins intensifs.

Même après un épisode, les conséquences peuvent être durables : déclin cognitif, perte d’autonomie, fragilisation générale et risque de récidive. La vigilance collective, la prévention et la réactivité restent donc les meilleures armes pour protéger les seniors lors des périodes de forte chaleur.

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