Latest news :
Mieux comprendre l'hépatite
Dr Reshad Kurrimbukus Gastro-entérologue à Life Medical Clinic, Forbach
En quoi la journée mondiale contre les hépatites revêt-elle une importance particulière dans le contexte mauricien ?
La Journée mondiale contre les hépatites, c’est l’occasion de braquer les projecteurs sur une maladie silencieuse, souvent oubliée, mais qui peut avoir des conséquences graves comme la cirrhose ou le cancer du foie.
À Maurice, beaucoup de personnes vivent avec une hépatite sans le savoir. Donc, cette journée, c’est une opportunité pour sensibiliser, encourager au dépistage, rappeler que la prévention existe — et surtout, qu’on peut guérir ou vivre longtemps avec un bon suivi.
Quel est le niveau de connaissance du grand public à Maurice sur les hépatites virales ? Quelles idées reçues ou confusions persistent ?
Honnêtement, il y a encore beaucoup de confusion. Certains pensent que toutes les hépatites se transmettent comme la grippe, d’autres croient qu’on ne peut rien faire ou qu’elles touchent uniquement les toxicomanes.
Beaucoup ignorent aussi qu’un simple contact avec du sang infecté — même par un rasoir ou une aiguille — peut transmettre l’hépatite B ou C. Et surtout, peu de gens savent qu’il existe un vaccin pour l’hépatite B et que l’hépatite C se guérit aujourd’hui.
Il y a donc un vrai travail d’éducation à faire.
Quelles sont les formes d’hépatite les plus fréquemment diagnostiqué à Maurice ? Existe-t-il des données épidémiologiques fiables à ce sujet ?
Les plus fréquemment rencontrées chez nous sont l’hépatite B et C. On voit aussi, de temps en temps, des hépatites A, mais elles sont généralement aiguës et bénignes, et la plupart sont des cas importés.
Pour les chiffres exacts, les données sont encore fragmentées, car tout le monde ne se fait pas dépister. Mais dans les hôpitaux, on voit régulièrement des cas d’hépatite B chronique, souvent découverts par hasard. Ce qui montre bien qu’il y a probablement beaucoup de cas non diagnostiqués dans la population.
Quels sont les principaux modes de transmission des hépatites B et C ?
L’hépatite B se transmet principalement par le sang, les rapports sexuels non protégés ou de la mère à l’enfant à la naissance.
L’hépatite C, elle, se transmet surtout par le sang — donc par le partage de seringues, de matériel de tatouage ou de rasage mal stérilisé. Elle se transmet très rarement par voie sexuelle.
Il est important de noter que ces virus ne se transmettent pas par les câlins, la nourriture ou en vivant sous le même toit.
Quelles mesures de prévention sont les plus efficaces aujourd’hui, tant au niveau individuel que collectif ?
Au niveau individuel, la vaccination contre l’hépatite B est la meilleure protection. Elle est efficace, sûre, et fait partie du calendrier vaccinal à Maurice depuis plusieurs années.
Pour l’hépatite C, pas de vaccin pour l’instant, donc il faut éviter tout contact avec du sang potentiellement infecté : ne pas partager de rasoirs, de seringues, bien choisir les salons de tatouage/piercing, utiliser des préservatifs.
Et au niveau collectif, il faut favoriser le dépistage gratuit et accessible, informer la population, et surtout lever les tabous qui entourent ces maladies.
Le vaccin contre l’hépatite B est-il recommandé à Maurice ?
Oui, il est recommandé et déjà intégré dans le calendrier vaccinal des enfants à Maurice. Depuis plusieurs années, les bébés reçoivent le vaccin contre l’hépatite B dans les premières semaines de vie.
Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que les adultes non vaccinés peuvent aussi le recevoir.
C’est particulièrement recommandé pour les soignants, les partenaires de personnes infectées ou toute personne à risque.
Le vaccin est sûr, très efficace, et c’est notre meilleure arme pour éviter de nouveaux cas.
Quels sont les signes cliniques qui devraient alerter et conduire à un dépistage ? L’infection est-elle toujours symptomatique ?
C’est justement ça le problème : la plupart des personnes infectées ne ressentent rien pendant des années.
Pas de fièvre, pas de douleur…
Mais parfois, des signes peuvent apparaître : une fatigue inhabituelle, un jaunissement de la peau ou des yeux, des urines très foncées, des douleurs au foie.
Mais dans la plupart des cas, on découvre l’hépatite par hasard, à l’occasion d’une prise de sang.
C’est pourquoi on recommande le dépistage même sans symptômes, surtout si on a été exposé à un risque ou si on a des antécédents dans la famille.
Les tests de dépistage sont-ils facilement disponibles à Maurice ? À quel moment conseillez-vous un dépistage systématique ?
Oui, les tests sont disponibles dans les hôpitaux régionaux, et parfois même lors de campagnes de santé gratuites.
Un simple test sanguin permet de savoir si on est porteur du virus B ou C. Je recommande un dépistage si :
• vous avez eu une transfusion avant 1994
• vous avez partagé des objets coupants ou des seringues
• vous êtes soignant
• vous vivez avec une personne infectée
• ou simplement si vous avez des doutes
Le dépistage est rapide, sans douleur, et il peut littéralement vous sauver la vie.
Peut-on aujourd’hui guérir les hépatites B et C ? Quelles sont les options thérapeutiques actuellement disponibles à Maurice ?
Bonne nouvelle : l’hépatite C peut aujourd’hui être guérie dans plus de 95 % des cas avec des traitements modernes appelés “antiviraux à action directe”.
Ils sont disponibles à Maurice, notamment dans le secteur public pour les cas identifiés.
Pour l’hépatite B, on ne parle pas encore de guérison complète, mais on peut très bien contrôler le virus avec des médicaments, qui évitent les complications et permettent de vivre normalement.
Donc oui, on a des traitements efficaces, mais encore faut-il se faire dépister à temps.
Quelles sont les complications possibles si une hépatite chronique n’est pas prise en charge à temps ?
Une hépatite chronique non traitée peut, avec le temps, endommager le foie de façon progressive.
Cela peut conduire à une cirrhose (le foie devient dur et ne fonctionne plus bien), voire à un cancer du foie.
Et comme ça peut évoluer silencieusement pendant 10 ou 20 ans, certains découvrent les dégâts trop tard.
C’est pourquoi un diagnostic précoce et un bon suivi médical sont essentiels. Avec une prise en charge sérieuse, on peut ralentir, stopper — voire éviter totalement — ces complications.
Read our
Walks of life
- All Posts
- Non classé

À Maurice, le cancer reste un enjeu majeur de santé publique. Si certains cancers sont plus fréquents selon le sexe...

Chaque été, les vagues de chaleur mettent les seniors en danger. Fatigue, confusion, peau chaude ou rouge : ces signes...

Les fruits de mer et les poissons sont délicieux et nutritifs, mais leur mauvaise conservation peut provoquer des intoxications alimentaires....
Together, improving people’s health for a better life
Our expertise
About us
An IBL Group Company - © 2025 All Rights Reserved - Privacy notice - Website created by Bulle studio